Mint a fermé le 23 mars 2024. Intuit a intégré la marque à Credit Karma aux États-Unis, et les utilisateurs canadiens n'ont rien reçu — Credit Karma n'a jamais été lancé ici, alors les comptes Mint canadiens se sont éteints sans voie de migration.
Deux ans plus tard, le marché des remplacements s'est stabilisé. Certaines des applications qui étaient « la réponse » au début de 2024 ont stagné ou ont discrètement cessé de fonctionner avec les banques canadiennes. D'autres ont mûri. Cet article est une comparaison honnête des sept qui fonctionnent vraiment pour les Canadiens en 2026, dont celle que j'ai bâtie. Aucun des liens n'est un lien d'affilié. Quand une autre application convient mieux à votre situation, je le dis.
La version courte
Si vous voulez les recommandations avant le raisonnement :
- Vous voulez le successeur spirituel le plus proche de Mint et vous pouvez vivre avec les compromis côté canadien → Monarch. Produit mature, bonne couverture bancaire canadienne via Plaid, mais les données vivent aux États-Unis, pas de vrai multi-devises, interface anglaise seulement, et le volet placements est faible.
- Vous êtes un budgéteur impliqué qui veut une budgétisation à base zéro, par enveloppes → YNAB. Rien d'autre ne s'en approche sur cette philosophie.
- Vous êtes déjà client de Wealthsimple et vous ne bancarisez nulle part ailleurs → Wealthsimple. La vue gratuite tout-au-même-endroit est réellement utile.
- Vous êtes un utilisateur avancé avec plusieurs courtiers et vous voulez une image calme de votre valeur nette, pas un budget → Mozaic Finance. (Divulgation : c'est moi qui l'ai bâtie.)
- Vous planifiez vos flux de trésorerie sur le long terme et voulez projeter des décennies → PocketSmith.
- Vous voulez l'application de suivi quotidien la plus belle, la plus rapide, la plus soignée → Copilot, si vous êtes aux États-Unis. (Hélas, pas au Canada — voir plus bas.)
- Vous êtes développeur solo et voulez un outil bidouillable, axé sur l'API → Lunch Money.
Le reste de l'article explique pourquoi.
La méthode
J'ai évalué chaque application sur six axes :
- Couverture bancaire canadienne — l'application se connecte-t-elle vraiment à l'institution où vous bancarisez, ou la page marketing affiche-t-elle « Canada » pour ensuite vouloir dire discrètement « RBC et TD seulement » ?
- Multi-devises — mélanger CAD et USD n'est pas optionnel pour la plupart des Canadiens dès qu'on détient des actifs américains.
- Couverture des courtiers — Wealthsimple, Questrade, Interactive Brokers, BMO Ligne d'action, RBC Placements en direct, Placements directs TD.
- Transparence des prix — y compris si le prix d'entrée est le vrai prix ou une trappe vers un palier supérieur.
- Posture de confidentialité — connexions en lecture seule, chiffrement, juridiction, politique de vente de données.
- Signaux de maintenance — dernière mise à jour publique, feuille de route publique, délai de réponse du service à la clientèle sur les problèmes signalés sur Reddit ou les forums communautaires.
Rien de tout ça n'est noté sur dix, parce que « la meilleure application » dépend entièrement de ce que vous voulez qu'elle fasse.
Monarch
Verdict : un clone de Mint mature et bien financé — conçu pour les Américains, avec de vrais compromis côté canadien.
Monarch est ce que Mint est devenu pour les utilisateurs américains. L'équipe est bien financée, le produit est mature, et la couverture bancaire canadienne est la meilleure de toutes les options non conçues au Canada — ils s'appuient sur Plaid pour les institutions canadiennes, ce qui rend joignables RBC, TD, Scotia, BMO, CIBC, Banque Nationale, Tangerine, Simplii et la plupart des caisses populaires. Les trous de couverture existent (certaines petites caisses et le compte épargne à intérêt élevé d'Equitable s'appuient encore sur du grattage d'écran que Plaid gère inégalement), mais l'écart se referme chaque trimestre.
Le produit lui-même fait toute la trousse Mint : transactions, budgets, valeur nette, graphiques de flux de trésorerie, détection des récurrences, comptes manuels. L'interface est bonne. L'application mobile est bonne. L'export de données est un vrai CSV avec tout votre historique, pas une capture d'écran.
C'est là que les bonnes nouvelles s'arrêtent. Monarch est conçu pour les Américains, et les compromis canadiens s'accumulent vite :
- Vos données vivent aux États-Unis. Monarch est une entreprise américaine et votre historique financier vit sur une infrastructure infonuagique en région américaine. Rien d'illégal là-dedans, mais ça veut dire que vos données sont assujetties au droit américain — le CLOUD Act, les assignations américaines, les demandes d'accès du gouvernement américain — plutôt qu'à la LPRPDE et à la Loi 25 du Québec. Si la sortie de vos historiques, soldes et transactions de la juridiction canadienne vous préoccupe, ça devrait figurer sur votre liste avant de connecter une seule banque.
- Pas de vrai multi-devises. Monarch est USD d'abord. Vous pouvez étiqueter un compte comme CAD, mais le calcul de la valeur nette, les budgets et les graphiques de tendance s'aplatissent tous à travers une seule devise de base, sans la rigueur du taux de change quotidien dont la plupart des Canadiens ont besoin dès qu'ils détiennent des actifs américains. Mélanger un compte chèque CAD, un compte de courtage USD et un REER CAD pour en ressortir une image consolidée honnête, ce n'est pas ce que Monarch fait bien.
- Anglais seulement. Pas d'interface en français. Si vous êtes un utilisateur québécois — ou que vous achetez ça pour des parents ou un conjoint qui préfèrent gérer leur argent en français — Monarch n'est pas une option. Et il n'y a aucun engagement de feuille de route pour livrer le français.
- Les placements sont faibles. L'application montre les positions, mais l'analyse de portefeuille est superficielle — pas de rendement pondéré par le temps, pas d'évaluation de performance par compte, pas d'alertes de dérive de classe d'actifs au-delà du plus basique, pas de gestion correcte du réinvestissement des dividendes ni du coût de base à travers les devises. Si vous avez plusieurs courtiers et voulez vraiment comprendre votre portefeuille, Monarch répond à « qu'est-ce que je possède ? » et pas à grand-chose au-delà.
Tarif : 14,99 $ US/mois ou 99,99 $ US/an. Au taux courant, ça fait environ 140 $ CA/an, facturés en USD avec les frais de transaction étrangère que votre carte ajoute par-dessus. Essai gratuit de 7 jours.
Choisissez Monarch si : vous bancarisez entièrement en CAD avec une ou deux des six grandes, vous êtes à l'aise que vos données financières vivent sous juridiction américaine, vous n'avez pas besoin d'une interface en français, et vous tenez surtout au budget et aux flux de trésorerie plutôt qu'à comprendre un vrai portefeuille multi-devises et multi-courtiers.
YNAB (You Need A Budget)
Verdict : le seul outil de budgétisation à base zéro qui a réellement livré pendant quinze ans et se sent encore vivant.
YNAB est dans une catégorie à part. Chaque dollar que vous gagnez se voit assigner un travail avant que vous le dépensiez — la méthode classique des enveloppes, portée au logiciel, portée encore à une application web, et mise à jour continuellement depuis 2004. La méthodologie est opinionnée; ceux qui l'aiment l'adorent; ceux qui la détestent la détestent vraiment.
Pour les Canadiens, YNAB se connecte à la plupart des grandes banques via Plaid. La qualité de la connexion est ce à quoi on s'attend de Plaid au Canada (bonne pour les six grandes, mitigée pour les caisses). Surtout, YNAB n'a pas besoin de l'agrégation pour fonctionner — beaucoup d'utilisateurs entrent les transactions à la main, volontairement, parce que la friction fait partie du point. Si votre banque ne se connecte pas, l'application ne s'effondre pas.
Le volet placements est essentiellement inexistant — YNAB est un outil de flux de trésorerie et de budget, pas un suivi de patrimoine. Prenez-le pour ce qu'il est.
Tarif : 14,99 $ US/mois ou 109 $ US/an (l'annuel est l'aubaine). Essai gratuit de 34 jours.
Choisissez YNAB si : vous voulez changer fondamentalement votre rapport à l'argent. Si vous voulez surtout voir ce que votre argent fait plutôt que de changer ce que vous en faites, YNAB est de trop — Mozaic convient mieux.
Mozaic Finance
Verdict : conçue pour les Canadiens qui connectent plusieurs banques et plusieurs courtiers et veulent une image calme et exacte de leur valeur nette.
Divulgation : c'est moi qui l'ai bâtie. Je vais essayer de décrire ce qu'elle fait bien et ce qu'elle ne fait pas, et vous laisser décider si elle vous convient.
Mozaic est un tableau de bord financier posé. Elle se connecte aux banques canadiennes et américaines via Plaid, aux courtiers canadiens et américains via SnapTrade (Wealthsimple, Questrade, Interactive Brokers, Robinhood, Fidelity, Schwab et une longue liste d'autres), et elle mélange CAD et USD correctement avec les taux de change quotidiens. Ce qu'elle fait de mieux, c'est la vue consolidée de la valeur nette : à travers chaque compte que vous possédez, au même endroit, avec le calcul multi-devises bien fait.
Ce qu'elle n'est pas, délibérément : un outil de budgétisation à base zéro. Il y a des catégories et des tendances (avec un moteur de règles explicite et des règles suggérées par IA pour la catégorisation), mais pas de méthode d'enveloppes, pas de cibles de budget par catégorie, pas de « chaque dollar a un travail ». Si c'est ce que vous voulez, prenez YNAB ou Monarch.
Ce sur quoi elle est délibérément soignée : la posture de sécurité. Les connexions bancaires et boursières sont en lecture seule — les jetons que nous détenons ne peuvent ni initier un virement, ni passer un ordre, ni modifier une position. Les données vivent dans la région Montréal de Google Cloud (LPRPDE, Loi 25 du Québec). Les champs sensibles sont chiffrés au niveau applicatif avant de toucher la base de données. Rien de tout ça n'est nouveau — c'est le strict minimum — mais ça vaut la peine de le vérifier sur chaque application de cette liste. L'architecture complète est sur /fr/security.
Tarif : 99 $ CA/an, fixe. Pas de palier mensuel, pas de surfacturation, pas de version gratuite. Essai gratuit de 14 jours. Le détail des prix est sur /fr/pricing/.
Choisissez Mozaic si : vous avez plusieurs banques et au moins un compte de courtage, vous voulez une seule image calme de ce que vous possédez, et vous préférez payer une fois par année plutôt que de négocier une échelle d'abonnement mensuel.
Lunch Money
Verdict : la coqueluche indépendante, axée sur l'API, profondément bidouillable.
Lunch Money est le produit d'une développeuse solo (Jen Yip, anciennement de Boomerang). C'est l'application la plus riche en fonctions de cette liste et la plus réellement personnalisable — il y a une vraie API REST, un import CSV qui gère les cas limites, un modèle de comptes manuels traité comme citoyen de première classe plutôt qu'en pensée après coup, et une communauté d'utilisateurs qui écrivent leurs propres intégrations.
Pour les Canadiens : Lunch Money se connecte aux banques canadiennes via Plaid, et l'expérience est comparable à celle de Monarch. Le suivi des placements est léger mais présent.
Ce sur quoi Lunch Money est honnête : il n'y a pas d'application mobile du même calibre que l'application web. L'application web sur mobile est bonne; l'application native est plus limitée. Si vous vivez dans votre téléphone, ça compte.
Tarif : 10 $ US/mois ou un annuel à prix libre à partir de 60 $ US/an (relevé de 50 $ le 15 mars 2026). Essai gratuit de 14 jours.
Choisissez Lunch Money si : vous voulez plier l'outil à votre forme, la petite équipe ne vous dérange pas, et vous appréciez que les produits indépendants avancent plus lentement mais cassent moins.
Copilot
Verdict : l'application de finances personnelles la plus soignée du marché — et elle ne fonctionne pas au Canada.
Copilot est ce que les gens veulent dire quand ils parlent de « l'application iOS qui a l'air d'avoir été faite par Apple ». L'interface est la meilleure de cette liste, le modèle de catégorisation est le plus intelligent, et l'éthos « calme par conception » est authentique.
Elle est aussi réservée aux États-Unis. Copilot promet une prise en charge canadienne depuis 2022 et, au moment d'écrire ces lignes en mai 2026, elle n'a toujours pas livré. Si vous vivez au Canada, Copilot n'est pas sur votre liste, peu importe l'enthousiasme des critiques.
Tarif : 13 $ US/mois ou 95 $ US/an. Essai gratuit de 30 jours.
Choisissez Copilot si : vous vivez aux États-Unis. Si vous vivez au Canada, surveillez le journal des changements et revenez voir en 2027 — mais n'attendez pas après.
Wealthsimple
Verdict : la bonne réponse si Wealthsimple est déjà l'endroit où vit votre argent.
Wealthsimple a discrètement bâti l'une des meilleures vues « tout-au-même-endroit » au Canada, et c'est gratuit. Si vous utilisez déjà Wealthsimple Cash, Wealthsimple Invest et Wealthsimple Trade, la vue consolidée à travers les trois est réellement utile et ne coûte rien.
Le hic : Wealthsimple vous montre Wealthsimple. Elle ne se connecte pas à d'autres banques ni à d'autres courtiers. Si vous avez un CELI chez Wealthsimple mais votre compte chèque chez TD et votre REER chez Questrade, vous ne pouvez pas voir l'image au même endroit dans Wealthsimple.
Ce n'est pas un défaut, c'est une décision de portée. La « vue consolidée » de Wealthsimple est une valeur ajoutée pour les clients existants, pas un remplacement de Mint visant le marché plus large.
Tarif : Gratuit. (Wealthsimple gagne de l'argent sur les frais de transaction, la conversion de devises et les frais de portefeuille géré, pas en facturant l'application.)
Choisissez Wealthsimple si : tout votre argent est déjà chez Wealthsimple, ou vous seriez prêt à l'y déplacer. Si vos comptes sont répartis entre plusieurs institutions, Wealthsimple ne peut pas les voir — Mozaic est conçue pour ce cas.
PocketSmith
Verdict : le planificateur à long horizon. Des décennies, pas des semaines.
PocketSmith est un produit néo-zélandais avec un public fidèle parmi les Canadiens qui veulent planifier sur des années et des décennies plutôt que des mois. La fonction phare est la projection à long terme : projetez vos flux de trésorerie, votre épargne et votre valeur nette aussi loin que vous voulez, avec des scénarios, et regardez l'image changer à mesure que vous changez vos hypothèses.
La couverture bancaire canadienne passe par Yodlee (un agrégateur différent de Plaid), qui a historiquement traîné sur les institutions canadiennes mais a comblé l'essentiel de l'écart. La couverture est vérifiable sur leur site avant de vous inscrire.
L'interface est chargée et la courbe d'apprentissage est réelle. PocketSmith récompense l'utilisateur prêt à investir une fin de semaine à l'apprivoiser.
Tarif : Par paliers. Le palier « Foundation » est gratuit avec des limites, « Flourish » est à 14 $ US/mois, « Fortune » à 24 $ US/mois. Presque tout le monde finit sur Flourish ou Fortune pour obtenir les limites de connexion nécessaires.
Choisissez PocketSmith si : vous voulez modéliser les vingt prochaines années de votre vie financière et vous êtes prêt à investir le temps de configuration.
Mentions honorables et applications qui n'ont pas fait la coupe
- Hardbacon. Fermée en 2024. Aucun remplacement actif de la même équipe. Si vous êtes un ancien utilisateur de Hardbacon, voyez notre guide dédié.
- Mvelopes. Fermée en 2021.
- Tiller. À base de chiffrier, fonctionne au Canada, public de niche. Si vous voulez vivre dans Google Sheets, Tiller est la bonne réponse — mais la plupart des lecteurs de cet article ne veulent pas vivre dans Google Sheets.
- Personal Capital / Empower. Réservé aux États-Unis pour les comptes de détail. Aucun signe de lancement canadien.
- Quicken. Existe encore. Produit de bureau. La version canadienne est maintenue à une cadence différente de la version américaine. Si vous avez utilisé Quicken dans les années 90 et voulez retrouver cette expérience, elle est là. Sinon, vous n'en voulez pas aujourd'hui.
Comment choisir, en mots simples
Si vous voulez un remplacement de Mint qui ressemble à Mint — et que vous pouvez vivre avec des données hébergées aux États-Unis, une interface anglaise seulement, pas de vrai multi-devises et un suivi des placements faible — choisissez Monarch.
Si vous voulez changer votre comportement, choisissez YNAB.
Si votre argent est dans une seule banque, choisissez Wealthsimple si c'est cette banque. Sinon, Monarch est le clone de Mint le plus proche — à condition d'être à l'aise avec des données hébergées aux États-Unis, une interface anglaise seulement, pas de vrai multi-devises et un suivi des placements faible.
Si vous avez trois comptes ou plus à travers deux institutions ou plus et que vous voulez une image calme de ce que vous possédez sans l'échelle de surfacturation, choisissez Mozaic.
Si vous voulez modéliser des décennies, choisissez PocketSmith.
Si vous voulez un beau produit indépendant et que vous êtes prêt à patienter sur l'expérience mobile, choisissez Lunch Money.
Si vous vivez aux États-Unis, la critique de Copilot s'applique.
Le résumé honnête, c'est que la meilleure application de finances personnelles pour vous dépend de ce que vous essayez de faire — budgéter, projeter, consolider, ou simplement voir l'image. Choisissez celle dont l'argumentaire correspond à votre question et ignorez le reste du marketing.
Un mot sur le terrain de jeu
Chaque application de cette liste est dirigée par une vraie entreprise avec de vraies personnes. Celles qui sont encore là en 2026 le sont parce qu'elles gagnent leur place. Mint, non — Intuit n'a jamais réussi à monétiser une application gratuite dont les utilisateurs étaient attachés au mot « gratuit » — et le marché s'est réinitialisé. La nouvelle normalité, c'est de 5 à 15 $ par mois pour un outil de finances personnelles, et l'utilisateur obtient un meilleur produit parce que le modèle d'affaires est honnête.
Si vous voulez voir comment Mozaic se compare tête-à-tête à l'application précise que vous envisagez, la page des tarifs a le détail complet. Si vous voulez comprendre la posture de sécurité avant de connecter une banque, la page sécurité est la version longue des quatre paragraphes ci-dessus.
Et si vous avez lu jusqu'ici et qu'une application canadienne de finances personnelles méritait selon vous une mention, écrivez-moi — laurent.risser@mozaicfinance.com — et je la considérerai pour la prochaine révision.